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Les multiples dimensions du progrès technologique de l’IA

Les multiples dimensions du progrès technologique de l’intelligence artificielle (IA)

Depuis son apparition, l’intelligence artificielle (IA) ne cesse de montrer de nouveaux avantages. Elle a déjà changé une partie de notre quotidien et devrait le transformer davantage dans les années qui viennent. Pour en mesurer la portée, nous examinons ici ses apports, en particulier pour l’apprentissage, puis les défis qu’elle soulève.

Les avantages pédagogiques de l’IA

Pour l’apprentissage individuel, des logiciels comme ChatGPT sont des outils précieux. Ils changent l’organisation de l’étude et donnent un accès sans précédent aux connaissances. Parce qu’ils fournissent rapidement l’information demandée, ils modifient notre façon d’apprendre et facilitent l’acquisition de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences.

D’abord, chercher une information n’a jamais été aussi simple. Une seule requête à ChatGPT produit une réponse synthétique et détaillée. Pour les langues, la traduction de textes entiers en quelques secondes élargit encore l’accès au savoir. Enfin, ces outils aident l’utilisateur à exprimer son potentiel littéraire et artistique, en donnant forme à des idées qu’il peine à formuler. Un étudiant qui prépare un exposé d’histoire de l’art peut ainsi interroger ChatGPT sur un artiste, un mouvement ou une technique, et obtenir aussitôt des réponses détaillées. Il approfondit ses connaissances et enrichit son travail en passant moins de temps à chercher l’information dans des sources dispersées. Ces réponses restent à vérifier : ChatGPT peut produire des informations fausses ou inventées, présentées avec la même assurance que des faits exacts.

Les défis de l’IA

L’IA n’a pas encore atteint sa maturité. Sa dimension culturelle reste limitée, car les États-Unis et la Chine dominent aujourd’hui le domaine. La prédominance culturelle anglo-saxonne se retrouve dans les données de ChatGPT, dont les réponses peuvent pencher vers des références américaines au détriment d’autres cultures. Ce déséquilibre nuit à la qualité des traductions et pose la question de l’équité culturelle et linguistique.

L’IA a aussi un impact écologique considérable. Ses systèmes consomment beaucoup d’énergie, ce qui peut alourdir l’empreinte carbone globale. Les grands centres de données qui stockent et traitent les informations utilisées par les IA consomment d’énormes quantités d’électricité, souvent produite à partir de sources non durables comme les combustibles fossiles. L’entraînement des modèles demande lui aussi beaucoup d’énergie, surtout pour des tâches complexes sur de vastes ensembles de données. Réduire cette empreinte suppose des innovations dans les technologies énergétiques et une conception plus durable des infrastructures informatiques.

Vient ensuite la question des biais. L’IA peut amplifier les préjugés et les inégalités présents dans les données sur lesquelles elle est entraînée. Si les données d’entraînement d’un algorithme de reconnaissance faciale sont biaisées selon l’origine ethnique ou le genre, le système risque de reproduire ces biais, voire de les renforcer, une fois déployé. Il peut en résulter des décisions injustes ou discriminatoires en matière de recrutement, de crédit ou de justice pénale. Pour atténuer ces biais, il faut collecter et annoter des données plus équilibrées, et employer des techniques d’apprentissage automatique capables de détecter et de corriger les biais existants.

Le remplacement de certains métiers par l’IA inquiète aussi, en particulier dans les domaines artistiques et graphiques. Une IA peut proposer des créations, mais elle ne remplace pas le discernement humain. Elle produit des suggestions à partir d’instructions humaines précises et reste un outil.

Pour prévenir toute forme de discrimination, l’usage de l’IA doit être encadré par des règles éthiques. À Hollywood, la grève des acteurs du syndicat SAG-AFTRA, de juillet à novembre 2023, portait en partie sur l’usage de l’IA pour reproduire la voix et l’image des artistes ; l’accord qui y a mis fin impose leur consentement et une rémunération. Le débat porte sur les droits des créateurs et le respect qui leur est dû. Ces règles doivent garantir une juste rémunération et le respect de la propriété intellectuelle à toutes les personnes qui participent à la production ou à l’utilisation de contenus générés par l’IA.

L’IA est un outil qui évolue sans cesse, et sa réglementation doit en limiter l’impact écologique et en garantir un usage éthique. Sur le plan écologique, cela suppose d’investir dans des centres de données alimentés par des énergies renouvelables et de concevoir des algorithmes moins gourmands en énergie. Contre les biais, il faut des pratiques de collecte plus inclusives, des audits pour repérer et corriger les biais existants, et un effort de sensibilisation.

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